(CJMD – Lévis) Débat des candidats de Chutes-de-la-Chaudière

(CJMD - Lévis) Débat des candidats de Chutes-de-la-Chaudière

Les candidats à l’élection dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudiere, Marc Picard (CAQ), Serge Bonin (PQ) et Ghislain Vaillancourt (PLQ) se sont livrés à un débat sur les ondes de CJMD, dans le cadre de l’émission Un dimanche à Lévis du 9 septembre dernier.

Les trois candidats ont exprimé leur désaccord face au bilan du ministre sortant de la Santé, Gaétan Barrette, première thématique abordée par l’animateur Gaston Gourde.

Le libéral Ghislain Vaillancourt a salué le travail de son collègue, rappelant que le gouvernement sortant a investi 200 millions$ additionnels dans les soins à domicile, 125 millions$ pour la création de 1500 places en CHSLD et que grâce à la réforme du Dr Barrette, 22 600 personnes supplémentaires ont eu accès à un médecin de famille dans la circonscription. “Je suis absolument satisfait”, a-t-il dit, concédant qu’il “reste des chsoes à améliorer”.

Le député sortant Marc Picard n’abondait pas en ce sens. “La population subit les conséquences de la pénurie de médecins, qui quittent”, a-t-il constaté, qualifiant le Dr Barrette de “fardeau” pour le premier ministre Philippe Couillard. Selon le caquiste, il est impératif de remplacer ces médecins, car la liste de patients orphelins s’allonge. Son parti propose un meilleur accès aux soins de première ligne, garantit une consultation dans un délai maximal de 36 heures et compte revoir la rémunération des médecins. Le bloc opératoire de l’Hôtel-Dieu de Lévis devra pour sa part être modernisé une fois pour toutes, a clamé le candidat.

De son côté, Serge Bonin affirme que “le système de santé a été centralisé de façon assez sévère, à l’encontre de ce que les intervenants du milieu proposaient.” Qu’il a été “déshumanisé” par la réforme du Dr Barrette et ce, de manière “cavalière et rapide”. “Il y a des gens qui ont été négligés et c’est dommage”, se désole le péquiste, dont le parti propose d’ouvrir les CLSC plus longtemps et de donner plus de latitude à différents professionnels de la santé pour libérer les médecins.

Éducation

Le trio de candidats a été interrogé sur les mesures à prendre pour augmenter le taux de diplomation chez les jeunes, particulièrement chez les garçons.

“L’école n’est pas faite pour tout le monde”, a reconnu d’emblée M. Bonin. Son parti pense pallier au problème en ajoutant une heure d’exercice de plus par semaine au programme scolaire, tous niveaux confondus. Le candidat pense également que l’introduction hâtive de stages dans le cursus scolaire permettrait aux jeunes de se découvrir une passion, ce qui les motiverait à compléter leur parcours.

Marc Picard était d’accord sur ce point. “Il faut trouver leur passion, qui va leur permettre d’aller à l’école, dit-il. Des fois, c’est un sujet particulier. On parle souvent de sport, mais ça peut être les arts.”

M. Vaillancourt croit pour sa part que les écoles doivent se doter de davantage de technologies. Il pense aussi que les garçons doivent être tenus occupés et responsabilisés; une meilleure offre d’activités dans le milieu scolaire pourrait les aider à terminer leurs études.

Ce dernier a aussi eu à défendre la décision de son parti de moduler les taxes scolaires par région. Selon lui, uniformiser le taux de taxe dans chaque région, plutôt que par commission scolaire, est une mesure beaucoup plus équitable.

“Donc, on devrait payer nos impôts selon les services qu’on reçoit?” s’est interrogé Marc Picard. Pour lui, il est inacceptable que des contribuables paient plus cher pour un service selon son lieu de résidence. Il prêche pour un taux de taxe scolaire unique au Québec.

Le péquiste Bonin ne pense toutefois pas qu’il s’agisse de la meilleure solution. “L’idée d’harmoniser, ça m’intéresse, mais pourquoi niveler par le bas alors qu’on sait qu’il manque de professeurs, de classes, de ressources?demande-t-il, estimant à 1,37 milliards $ le montant qui serait ainsi retranché du système d’éducation. Je trouve dommage qu’on enlève tout cet argent du réseau alors qu’on en a besoin.”

Mobilité

M. Gourde a par ailleurs invité les candidats à se prononcer sur les enjeux de la mobilité dans la circonscription.

Il leur a demandé leur opinion sur l’abandon du SRB. Tous trois étaient d’avis qu’il s’agissait d’une bonne décision de la part de la Ville de Lévis, notamment parce que la municipalité n’y aurait pas trouvé son compte et qu’elle aurait payé beaucoup trop cher.

Les aspirants députés ont aussi été sondés sur l’endroit où devrait être aménagé un 3e lien entre Québec et Lévis. Si l’Est a obtenu la majorité des appuis, la solidité du projet l’emporte sur son futur emplacement, a-t-il été mentionné.

“On doit arrêter de dépenser de l’argent sur des scénarios incroyables”, a martelé Marc Picard.

“On est sensibles à l’argument économique et à l’argument de sécurité. Mais l’argument du trafic réduit, c’est un leurre, a renchéri M. Bonin. On sait que quand on ajoute du béton, on ajoute des voitures. Regardons les études, regardons les experts. C’est un projet qui va être là pour 150 ans. Il faut le faire de la meilleure façon possible au meilleur coût.”

M. Vaillancourt a indiqué qu’un bureau de projets travaille actuellement sur le 3e lien. “On a investi 20,5 millions de dollars. Les ingénieurs savent où  ils s’en vont, ils savent où mettre le 3e lien.”

Démocratie

Les candidats ont été appelés à se prononcer sur une proposition du parti Citoyens au Pouvoir, qui instaurerait un processus de consultation populaire pour démettre un député en cours de mandat s’il commettait des actes répréhensibles.

Le libéral Vaillancourt estime que les citoyens font le choix d’un candidat lors de l’élection et que les mesures en place permettent actuellement au système de suivre son cours. “Les gens savent que c’est pour quatre ans. La démocratie je l’accepte sur un mandat. S’il y a un acte criminel la justice va s’en occuper.”

Marc Picard invite pour sa part à la prudence. “Si un candidat remporte son élection avec 35% des votes, ça signifie que 65% n’ont pas voté pour lui. Est-ce suffisant pour le renverser? Je ne sais pas.”

“Retourner en élection (partielle) coûte plus d’un demi-million de dollars, a rappelé M. Bonin. On reproche souvent que de diriger pour 4 ans, c’est trop court terme. Si en plus on se met à enlever des députés chaque six mois….”

Dans la même veine, le modérateur leur a demandé de quelle manière leur parti devrait réagir s’il était confronté à un candidat rebelle, à la manière de Maxime Bernier au Parti conservateur du Canada.

M. Vaillancourt a répondu que le tout dépendait du candidat lui-même. “S’il est bien dans le parti ou pas, à lui de voir s’il veut rester”, dit-il.

Pour Marc Picard, l’exclusion d’un membre du caucus relève exclusivement du chef. “Quelqu’un qui est membre d’un parti doit faire valoir ses idées au caucus, mais ça ne veut pas dire qu,elles seront retenues”, a-t-il affirmé.

Pour Serge Bonin, la démocratie doit l’emporter. “Dans un parti, on doit discuter des idées, mais si tout le monde a voté en faveur de quelque chose, (il faut se ranger derrière la majorité)”, croit-il.

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