(CFIN-Bellechasse-Etchemins) Débat des candidats dans Bellechasse

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Les quatre candidats des principaux partis dans la circonscription de Bellechasse ont croisé le fer dans le cadre d’un débat diffusé mercredi sur les ondes de Passion-FM.

Animé par Normand Poulin, la joute oratoire a donné lieu à de nombreuses confrontations, où le ton a monté à plusieurs reprises entre la libérale Dominique Vien, la caquiste Stéphanie Lachance, le péquiste Benoit Béchard et le solidaire Benoit Comeau.

La question du troisième lien est demeurée en filigrane tout au long du débat, revenant systématiquement dans la discussion, qui a d’abord débuté sur cet enjeu.

Tous les candidats, à l’exception du représentant de Québec solidaire, sont en faveur du troisième lien entre Québec et la rive sud. “On estime que le transport en commun structurant diminuerait l’achalandage qui est un problème ponctuel”, a fait valoir M. Comeau, pour qui un nouveau pont ne soulagerait le problème que durant les embouteillages, et encore. L’unification des services de transport en commun des deux rives, jumelés à une réduction de moitié du coût du laissez-passer, permettrait de “désengorger les heures de pointe sans ralentir ceux qui n’ont pas le choix de prendre leur voiture”.

“Avec la problématique actuelle de densité (de la circulation), on n’arrivera jamais à ce que vous proposez avec le transport en commun”, lui a répondu Mme Lachance.”Enjeu majeur”, le troisième lien doit être “indéniablement réalisé, rapidement, et à l’est”, a-t-elle plaidé. L’infrastructure, selon elle, permettrait d’aider à amoindrir la pénurie de main-d’oeuvre en accroissant le bassin de candidats pouvant être recrutés.

La députée sortante Dominique Viens abonde en ce sens. “C’est un projet extrêmement important pour améliorer la fluidité et comme levier de développement économique”, a-t-elle dit. Par contre, contrairement à la CAQ, la libérale estime qu’il est irréaliste de penser que l’infrastructure soit complétée avant 2026. Elle n’a pas manqué de souligner les délais changeants de son opposante, dont le parti s’était d’abord engagé à construire entièrement un troisième lien dans un premier mandat, puis de seulement en débuter la construction, puis finalement d’entamer des études à ce sujet.

Le péquiste Béchard a pour sa part déploré que les autres partis n’aient pas de vision à court terme pour désengorger les axes routiers de la circonscription en attendant la construction du troisième lien.

Pénurie de main-d’œuvre

Les candidats ont par la suite été interrogés sur les mesures mises de l’avant par leurs partis respectifs pour soutenir les entreprises qui connaissent actuellement une pénurie de travailleurs.

“On voit ce problème-à se profiler depuis bientôt 10 ans. D’ici 2019, 39 000 postes seront à pourvoir dans Chaudière-Appalaches, prévoit M. Béchard. Les entreprises refusent des contrats.” Le Parti québécois s’engage entre autres à créer un bureau de coordination de la main-d’œuvre et à investir 4 millions sur 4 ans pour accélérer les processus administratifs et pour intégrer les travailleurs étrangers tout en les aidant à apprendre le français, a fait savoir le candidat.

Mme Viens, ministre sortante du Travail, a répété  à plusieurs reprises que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, niait l’existence d’une pénurie de travailleurs. Le Parti libéral compte valoriser la formation professionnelle et appliquer la gratuité, poursuivre la réinsertion professionnelle de personnes vivant de l’aide sociale, favoriser le maintien en emploi des aînés et poursuivre l’accueil d’immigrants. Encore une fois, la candidate a pointé M. Legault du doigt en affirmant qu’il compte expulser du Québec les nouveaux arrivants qui échoueraient un test de français dans les trois ans suivant leur émigration.

La candidate caquiste n’a pas manqué de répliquer. “Contrairement au PLQ, nous savons exactement ce que nous devons faire. Actuellement, les immigrants sont mal intégrés. On a du mal à les garder et le taux de chômage plus élevé. À la CAQ nous voulons accélérer l’immigration de candidats qui ont un emploi garanti, notamment dans les régions. Il faut améliorer le processus de sélection: le recrutement à distance sera facilité pour les employeurs.  On vit le résultat de l’inaction libérale. Vous êtes incapables de traiter les demandes dans les délais raisonnables”, a-t-elle élaboré.

M. Comeau croit de son côté que le problème doit être attaqué sur deux fronts, d’abord en mettant fin à l’exode rural. Pour y parvenir, il faut ramener les services de proximité en région. “Si on permet aux gens de manger, de rester en santé, d’avoir accès à Internet, d’avoir une garderie, et d’autres services, ils n’auront pas envie de partir”, juge-t-il. Ensuite, le solidaire estime lui aussi que l’immigration permettra de combler les postes vacants. “Mais je parle ne pas de faire venir des gens pour un an ou trois. On a aucune raison de renvoyer ces gens-là quand ils commencent à se franciser, à s’intégrer et qu’ils ont une job en plus.”

Développement régional et occupation du territoire

En parallèle avec la crise de la main-d’oeuvre, les aspirants députés ont été questionnés sur leurs propositions pour développer la circonscription.

Première à se lancer, Mme Viens a mentionné qu’il faut continuer de défendre la gestion de l’offre, mais aussi redonner du pouvoir aux municipalités et aux MRC en leur octroyant un pourcentage de la taxe de vente et en leur faisant dresser un portrait fidèle de leurs besoins. Elle inclut le troisième lien comme facteur de développement et a rappelé avoir déposé le plan de relance des Etchemins.

Pour sa part, M. Comeau est d’accord pour redonner plus de pouvoir aux municipalités, notamment en ne les rendant plus dépendantes des taxes foncières pour se financer. “Sinon, pour elles, s’occuper de préserver l’environnement, ça devient une perte nette”, illustre-t-il. Brancher les régions à Internet haute vitesse, soutenir les industries, comme l’industrie forestière, font partie de la recette gagnante aux yeux du solidaire.

Fournir un accès Internet haute vitesse est “incontournable”, convient Mme Lachance. “L’électrification des campagnes était enjeu national au 20e siècle; maintenant, avoir Internet tout aussi essentiel”, relève celle dont le parti souhaite implanter un bureau d’Investissement Québec dans la circonscription, en plus de financer le patrimoine religieux.

Lorsque la caquiste a réitéré son désir de voir naître un troisième lien, Mme Viens lui a rappelé les échéanciers changeants de son parti, ce à quoi Mme Lachance a rétorqué qu’elle était arrivée à la dernière minute avec le plan de relance des Etchemins.

“Et vous, vous êtes arrivée quand dans le comté? On vous a vu arriver au mois de juin. On ne peut pas se dresser ici comme un donneur de leçon quand on débarque au moins de juin et qu’on repart avec les petits après l’élection”, a répliqué la ministre sortante, forçant l’animateur à modérer le débat.

M. Béchard a pour sa part dressé un sombre bilan du gouvernement libéral. “Depuis 4 ans, le développement régional et l’occupation du territoire ont suivi les caprices électoraux. Avec les libéraux, il y a eu l’abolition des CRÉ, le plan de relance des Etchemins qui s’est fait attendre, descoupures de 40 millions dans les CLD, énumère-t-il. Nous, on propose une décentralisation des services parce que les gens du milieu connaissent mieux leur réalité. Il faut réinvestir dans organes de développement économique local, régional et intelligent, adopter une politique de souveraineté alimentaire, avoir un fonds dédié à l’innovation.”

Accessibilité aux soins de santé

Le dernier thème a également divisé les candidats, qui ont pu faire valoir les idées de leurs partis respectifs pour favoriser un meilleur accès au système de santé.

Québec solidaire voit grand en voulant instaurer l’accès universel et gratuit au système de santé, par l’aménagement d’un réseau de cliniques multidisciplinaires, par l’élargissement du soutien à domicile, en s’assurant que tous aient un médecin de famille, en incluant les soins dentaires dans l’assurance-santé, et en ouvrant les CLSC 24 heures sur 24, sept jours sur sept, entre autres. “Il faut revoir l’organisation des services dans tout le réseau, a fait valoir M. Comeau, et équilibrer la charge de travail des différents intervenants.” Il compte aussi assurer le bon financement des organismes oeuvrant en santé et services sociaux et a rappelé l’ambitieux projet Pharma-Québec, qui pourrait permettre d’économiser deux milliards de dollars en renégociant le prix de certains médicaments et en fabriquant des médicaments génériques localement.

M. Béchard, lui, a dénoncé la centralisation des décisions dans le système de santé. Si son parti est porté au pouvoir, le salaire des médecins sera gelé avant de revoir leur rémunération. Les infirmières, pharmaciens, paramédicaux auront plus d’autonomies et plus d’infirmières praticiennes spécialisées seront formées afin d’intervenir dans un réseau de cliniques leur étant destinées, de même que dans les CLSC qui seront ouverts jusqu’à 21 heures tous les jours.

“Il faut valoriser soins de première ligne”, a martelé Mme Lachange, qui veut un meilleur accès aux soins les soir et fins de semaine. Selon elle, la rémunération à l’acte des médecins “ne favorise ni la qualité des soins, ni la prise en charge des patients ,ni la collaboration interprofessionnelle.” “On veut régionaliser les services qui ont été centralisés, donner de l’autonomie aux travailleurs de la santé, abolir le temps supplémentaire obligatoire et revoir le ratio de patients”, a-t-elle ajouté.

Enfin, Mme Viens a défendu le bilan du gouvernement en rappelant que la santé demeure un enjeu important. Elle a tenu à remercier les travailleurs de ce secteur qui se dévouent jour après jour pour le mieux-être des patients. “On a ajouté des ambulances, on a ajouté des heures, nous sommes passés à des horaires d’heures au niveau du service ambulancier. Il reste des défis à relever, je suis au fait. Je veux m’assurer que les GMF livrent les services pour lesquels ils sont là.”

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