(CMJD – Lévis) Entrevue avec Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec

(CMJD - Lévis) Entrevue avec Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec

Invité à l’émission Un dimanche à Lévis, diffusée dimanche sur les ondes de CMJD Lévis, le chef du Parti conservateur du Québec et candidat dans Chauveau, Adrien Pouliot, a présenté plusieurs des idées de sa formation politique. Selon le principal intéressé, son parti bénéficie d’une belle campagne et pourrait bien causer la surprise lors du résultat du scrutin.

“On mène une très belle campagne.On a plus de couverture médiatique, comme on n’en a jamais eu”, a-t-il déclaré à l’animateur Gaston Gourde.

“À notre première campagne, on avait 59 candidats. Cette fois-ci, on en a 101 à travers le Québec, poursuit-il. On est le plus gros des petits partis.”

Le fait d’être un plus gros parti et d’avoir plus de visibilité aura des impacts positifs sur les finances du PCQ, indique son chef. Si le parti réussit à obtenir 40 000 votes, les dépenses électorales seront admissibles à un remboursement. “L’importance de ça, ajoute-t-il ensuite, c’est qu’on s’est fait dire souvent en 2014 que les gens auraient voulu voter pour nous et ils n’avaient pas de candidat. Les partis sont subventionnés par le gouvernement a 2,50$ par vote par année. Le financement par année et en plus, en année électorale, t’as un autre versement additionnel. Le PLQ, quand les élections ont été déclenchées a reçu une subvention de 2,5M$ en raison des votes reçus en 2014, le PQ et la CAQ, environ 1,5 M$ chacun pour faire la campagne. Et Québec Solidaire, 500 000$. Nous, on a reçu 23 000$.On a eu 100 fois moins que les libéraux, mais nos pancartes et mes brochures ne coûtent pas 100 fois moins!”

Pour cette élection, M. Pouliot est conscient qu’il a très très peu de chances d’être élu premier ministre. Il espère compter un, deux, voire au moins trois députés à l’Assemblée nationale pour porter le message de son parti, le seul véritablement à droite selon lui.

À terme, croit-il, sa formation gagnera des appuis et sera prête à gouverner. “J’ai toujours dit que c’était un marathon. Je veux bâtir quelque chose à long terme sur quelque chose de solide. Quand, aussi, si jamais la CAQ prend le pouvoir, on va réaliser que la CAQ c’est la même chose que le parti libéral. Ça vient tout du même monde qui ont bâti le modèle québécois. En 2022, peut-être qu’on va vouloir un vrai changement. Ça pourrait être le parti conservateur du Québec à ce moment-là”, explique Adrien Pouliot.

“Pas une filiale” du PCC

Bien qu’ils aient des atomes crochues, les partis conservateurs provincial et fédéral sont deux entités distinctes, a rappelé M. Pouliot. “On n’est pas une filiale”, a-t-il précisé, ajoutant que les deux formations partageaient des militants, mais que pour l’instant, cette entraide est surtout unilatérale vers le parti fédéral.

Les deux partis se rejoignent sur certaines mesures économiques et sur le retrait de l’État dans certains secteurs. “Au niveau social, on n’est pas tout à fait comme les fédéraux. Pour nous, mariage gai, avortement, ce n’est pas le gouvernement qui doit décider. Nous, ça nous dérange pas”, affirme le chef Pouliot.

Redonner de l’air aux PME et aux contribuables

L’une des propositions maîtresses du Parti conservateur du Québec consiste à réorganiser le rôle de l’État pour lui donner moins d’importance.

En ce sens, M. Pouliot s’oppose aux subventions octroyées aux entreprises, entre autres pour le maintien des sièges sociaux. Il souhaite également alléger leur fardeau fiscal.

“Nos PME au Québec sont les plus taxées au Canada. Les PME c’est le poumon économique du Québec, on veut baisser leur taux d’impôt de 40%, dit-il.

“Toutes les entreprises qui vivent aux crochets de l’État, nous on coupe ça. On se dit, quand un projet est bon, il a pas besoin de subvention. Quand il est pas bon, il mérite pas de subvention. On prend ce 3 milliards là et on baisse les taux d’impôt”, poursuit le candidat.

“L’idée de prendre l’argent des Québécois pour bloquer des transactions strictement politiques, je suis contre ça, ajoute-t-il.(François) Legault veut utiliser le bas de laine des Québécois pour empêcher la vente d’entreprises comme St-Hubert et Rona. Nous on trouve ça irresponsable. Le gouvernement a pas d’affaire à investir dans les compagnies, pas le rôle de l’État d’investir notre argent durement gagné et de spéculer à la bourse.”

La solution réside plutôt dans le fait de redonner de l’argent aux contribuables, notamment par des baisses d’impôt. Le tout leur confère un plus grand pouvoir d’achat, ce qui stimulera l’économie et maintiendra les entreprises ici.

Le chef conservateur a aussi abordé son intention d’abolir Revenu Québec.”Comment ça se fait qu’on est les seuls Canadiens à faire deux rapports d’impôt? demande-t-il. Ça a l’air qu’on se prépare au cas qu’on se sépare du Canada, mais ça n’arrivera pas. On a créé une double bureaucratie. Nous, on va aller voir Revenu Canada, on va faire un deal avec eux autres, on va leur donner une commission pour collecter les impôts. Ça se fait en Ontario, ça se fait en Alberta. Ça peut se faire au Québec.”

Idem pour les commissions scolaires. “J’ai applaudi l’idée de M. Legault d’abolir les commissions scolaires, mais il a changé d’idée. Nous, on prend l’argent, on l’envoie dans les écoles, on les rend indépendantes, ce sont les écoles qui choisissent les professeurs, qui les évaluent, qui négocient les conventions collectives. Ce sont les élèves qui vont en bénéficier.C’est une autre façon d’améliorer les services publics en dépensant moins. Il n’y a plus de taxes scolaires et les municipalités occupent seules le champ de la taxation foncière.”

Dans les petits pots les meilleurs onguents

Même s’il voit grand pour son parti, M. Pouliot souhaite réduire la taille du gouvernement, faisant passer de 125 à 78 députés, pour égaler le nombre d’élus fédéraux du Québec.

« Nous, on aime ça quand c’est petit. L’emphase, c’est aux villes et municipalités qu’on donne le pouvoir. On veut qu’elles soient bien financées », dit-il. Cela passerait notamment par le transfert de la gestion des immatriculations des véhicules vers les villes.

Enfin, s’il est un poste budgétaire où un gouvernement conservateur ne couperait pas, c’est la justice. Au contraire, avance M. Pouliot, il faut réinvestir pour permettre a la Couronne de diminuer les délais d’attente des procès.

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